Après la douceur du lac de Misurina ce matin, on s’est dit : « Allez, on enchaîne avec le Sorapis ! Ça va le faire les enfants, c’est un peu plus long que ce matin mais bien moins dur qu’hier aux Tre Cime… » Spoiler alert : Faute de réseau pour relire mes notes, j’ai légèrement (beaucoup) sous-estimé le défi.
Le Doigt de Dieu et son joyau de glace
Le Lac de Sorapis est un lac d’origine glaciaire niché à 1925 m d’altitude. Il est célèbre pour sa couleur turquoise laiteuse, presque irréelle, et il est surveillé par le sommet du Sorapis, surnommé « Le Doigt de Dieu ». Un décor de cinéma… mais le ticket d’entrée est sportif !
La réalité du terrain : 5h30 d’aventure sauvage
On pensait faire une balade de santé, on a fini en mode alpinisme !
- Les chiffres qui piquent : 11,4 km aller-retour, 5h30 de marche et surtout 775 m de dénivelé positif.
- L’ascension : On a passé une bonne partie du temps à grimper, parfois même en escaladant la roche à mains nues.
- Le faux espoir de la cascade : Vous voyez la cascade sur les photos ? On était persuadés que le lac se cachait sagement à son pied… Erreur ! Il fallait grimper encore et toujours : le lac trône en fait tout en haut de la chute d’eau.

Des champions de haut vol : Enfants & Ulfy
Une fois de plus, les enfants ont été incroyables. Gravir ces parois rocheuses après les 15 km de la veille, c’est une sacrée performance !
Mention spéciale à Ulfy, notre fidèle compagnon à quatre pattes, qui a grimpé comme un chamois. Voir tout ce petit monde arriver au bord de cette eau turquoise après tant d’efforts, c’était un moment de fierté immense (mélangé à un peu de culpabilité maternelle, on l’avoue !).

L’apparition : Un bleu qui défie l’imagination
Une fois le dernier ressaut franchi, le choc visuel efface instantanément la fatigue. La couleur du lac n’est pas simplement bleue, elle est opaque, lactée, électrique. C’est un phénomène géologique fascinant : les poussières de roche suspendues dans l’eau glaciaire créent ce turquoise irréel qui semble irradier sa propre lumière. Face au « Doigt de Dieu » qui se reflète dans ce miroir laiteux, on a eu l’impression d’avoir basculé dans un autre monde. On est restés là, un long moment, à essayer de réaliser que ce spectacle était bien naturel.

L’appel de la plage (et la raison du retour)
Sachez qu’il est tout à fait possible de faire le tour complet du lac. À l’opposé de notre point d’arrivée, une petite plage de galets blancs semble tendre les bras pour un pique-nique au ras de l’eau turquoise.
Mais la réalité nous a vite rattrapés : face à la difficulté technique du sentier qui nous attendait pour le retour, nous avons dû faire un choix de raison. N’ayant pas prévu de rester aussi longtemps, les lampes frontales étaient restées sagement au camping-car. Pour éviter de se faire surprendre par la nuit dans les passages escarpés, nous avons préféré entamer la redescente directement. Une petite frustration, certes, mais la sécurité de la tribu passe avant tout !
Le conseil « No Network »
Si vous partez pour le Sorapis : téléchargez vos cartes et vos guides en hors-ligne ! Le sentier est technique (passages avec échelles, mains courantes et vide), ce n’est pas une simple promenade de santé, surtout avec de jeunes enfants.
Bilan de la journée : Des yeux pleins de bleu turquoise, mais des corps complètement épuisés.


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