Visiter une capitale européenne en camping-car relève parfois du défi logistique. Pourtant, Copenhague s’est avérée être une merveille de fluidité, de calme et de sécurité. Pensée pour les cyclistes, la ville se traverse avec une facilité déconcertante, même avec des enfants. Nous avons décroché nos propres vélos pour une boucle de 15 kilomètres qui nous a réservé des surprises mémorables du début à la fin.
Le nerf de la guerre : stationner le camping-car à Copenhague
Trouver un emplacement gratuit et suffisamment long pour un profilé ou un intégral à Copenhague est difficile, surtout si l’on cherche à y passer la nuit. Nous avons finalement opté pour une stratégie différente : visiter la journée et passer la frontière suédoise en soirée.
Pour la journée, deux excellents secteurs proposent des stationnements gratuits et adaptés aux gabarits de nos véhicules. Le premier se situe tout au nord de la ville, juste au-dessus de la citadelle du Kastellet, à deux pas de la Petite Sirène. C’est l’option que nous avons choisie. Le second spot se trouve plus au sud, à proximité du quartier de Christianshavn, souvent surnommé la petite Venise, non loin de l’entrée de Christiania. Dans les deux cas, vous êtes immédiatement connectés au réseau de pistes cyclables.

L’atmosphère mystique de l’Église de Marbre et le timing parfait d’Amalienborg
Notre exploration commence fort en rejoignant directement le quartier royal. Nous poussons d’abord les portes de Frederiks Kirke, plus connue sous le nom d’Église de Marbre. Son dôme monumental, inspiré de la basilique Saint-Pierre de Rome, est le plus grand de Scandinavie. Ce jour-là, l’intérieur abritait une exposition éphémère, certainement en lien avec le festival de trois jours qui s’ouvre aujourd’hui à Copenhague. Cela offrait au lieu une atmosphère particulière : une ambiance feutrée, enveloppée d’une fumée mystique, où des projecteurs diffusaient sur les murs de pierre les visuels des chants religieux que nous entendions. Un moment hors du temps.

À la sortie, la grande place octogonale d’Amalienborg s’offre à nous. Il est 16h00 pile. Si la grande relève de la garde a lieu à midi sous les yeux de centaines de touristes, la « petite relève » de fin d’après-midi possède un charme bien plus exclusif. Presque seuls sur la place, nous avons pu observer de très près le cérémonial militaire, les pas cadencés et les claquements de talons des soldats devant leurs guérites rouges.

De Kongens Have aux couleurs de Nyhavn
Nous reprenons les vélos en longeant Kongens Have, le Jardin du Roi. Ce vaste parc verdoyant abrite le château de Rosenborg et offre une bouffée d’air frais en plein centre-ville. La sécurité sur les pistes est telle que l’on oublie vite que l’on circule dans une capitale.
Nous mettons ensuite le cap sur Nyhavn. Ce canal historique, bordé de maisons du dix-septième siècle aux façades colorées et de vieux gréements en bois, est la carte postale typique de la ville. C’est le lieu idéal pour observer l’animation locale avant de s’enfoncer plus loin dans l’histoire danoise.

Les curiosités architecturales du centre historique
Notre boucle nous mène ensuite devant la Rundetårn, la Tour Ronde. Cet ancien observatoire astronomique du dix-septième siècle possède une architecture unique : à l’intérieur, pas de marches, mais une immense rampe pavée en colimaçon. L’histoire raconte que le roi Christian IV la montait directement en carrosse pour accéder au sommet.

En traversant le port via l’Inderhavnsbroen, une passerelle cyclable moderne qui s’ouvre pour laisser passer les navires, nous basculons vers Christianshavn. Ce quartier de canaux abrite l’église de Vor Frelsers Kirke. Son clocher est unique au monde : une flèche dorée autour de laquelle s’enroule un escalier extérieur en spirale qui monte vers le ciel.
Chasse au troll et final en fanfare au Kastellet
Avant de boucler notre tour, nous partons à la recherche de « Green George », le troll numéro 50 de l’artiste Thomas Dambo. Entièrement construit en bois de récupération, il se cache au bord de l’eau à l’entrée de Christiania. Une transition artistique parfaite avant de saluer la célèbre statue de bronze de la Petite Sirène, inspirée du conte d’Andersen.

La dernière surprise de la journée nous attend à 18h00, alors que nous traversons les remparts en étoile du Kastellet. Cette ancienne citadelle militaire, toujours active, abrite de superbes casernes rouges et un moulin à vent. Pile au moment de notre passage, les musiciens militaires se sont mis en rang pour entamer une fanfare. Un concert privé inattendu au milieu des fortifications pour clore cette magnifique journée de vélo.

Copenhague nous a charmés par sa douceur et sa fluidité. Mais pour nous, l’aventure ne s’arrête pas là. Une fois les vélos solidement attachés à l’arrière du camping-car, nous avons pris la route en direction du détroit. Dans un prochain article, nous vous partagerons notre expérience de la traversée de l’immense pont de l’Øresund et notre astuce pour économiser sur le prix du péage avant d’entamer notre road trip en Suède.


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